TCC: Trouble alimentaire (TCA). Anorexie. Boulimie
 
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Trouble du Comportement Alimentaire - TCA
Action de s'alimenter à outrance. De la même façon que dans l'anorexie, la personne contrôle sa douleur interne par la nourriture. Elle l'enfouie sous des volumes de nourriture
trés conséquents. La régurgitation fait souvent partie du comportement boulimique.
 
Le plaisir que les personnes y trouve est parfois plus grand
que le comportement boulimique. Le comportement boumique vomisseur repose sur un contrôle extrême. En ce cas, les conséquences de la boulimie ne sont pas visibles par les autres. La boulimie repose autant sur un comportement mortifère que morbide.
 
La notion de satiété est absente pour la personne boulimique. C'est un indicateur subjectif qui favorise l'arrêt ponctuel de la boulimie. Comme avec des substances modifiant le comportement, la personne n'apprécie pas nécessairement les aliments qu'elle absorbe.
 
Le principal c'est d'éprouver du plaisir à contrôler de façon double. Par l'absorption de nourriture qui annule la douleur interne, la douleur perçue. Puis, par la regurgitation - vomissement - qui permet de maîtriser l'excès de poids lié à des absorptions alimentaires massives.
 
La personne a le plus souvent du dégoût d'elle même. La boulimie, tout comme l'anorexie, est souvent associée à
une sorte de dépression où le plaisir orgasmique associé
au contrôle de la douleur elle même liée à l'impossibilité
de contrôler le contrôle sont intimement mêlés.
 
La co morbidité est moindre dans ces comportements. Les inter actions plus "apparentes" qu'avec l'anorexie. Cela ne signifie pas qu'il soit plus aisé de résoudre le problème, mais mon expérience laisse penser qu'intervenir est moins difficile.
 
Dans tous les cas, il s'agit de symptômes liés à la dépréciation de soi, à des troubles affectifs forts et progressifs, à la difficulté voire l'incapacité d'exprimer, vivre et assumer ses émotions.
 
Il est d'ailleurs parfois bien plus constructifs de travailler sur
la périphérie du problème que sur le problème lui même.
 
Il s'agit donc d'être créatif en termes de stratégie. Et ce d'autant plus quand le trouble alimentaire repose sur un mouvement "d'allers-retours" entre un comportement anorexique et un comportement boulimique. En l'espèce, les stratégies de contrôle des personnes en difficultés atteignent des points culminants qui ont pour vocation de confiner la thérapie dans un échec patent.
 
N'oublions pas que la personne en difficultés introduit l'échec dans sa solution. Mais l'échec n'est il pas le début de la réussite? Comme la souffrance le seul moyen d'accéder
au plaisir? C'est donc la certitude pour la personne de confirmer que rien n'y peut sauf à ce qu'elle le veuille. La contrainte ne constitue donc pas une solution mais un renforcement du problème (d'un point de vue stratégique).
 
Dans tous les cas d'anorexie et de boulimie, les proches sont des acteurs de la logique du soin. Il convient donc qu'ils soient associés - autant que faire se peut - à la prise en charge. D'ailleurs, il arrive que nous ayons des résultats durables en ne travaillant qu'avec les proches et pas avec les personnes souffrant de boulimie.
Les troubles alimentaires ou TCA [Trouble du Comportement Alimentaire] sont de deux ordres. Anorexie et boulimie. Voire les deux, alternativement.
 
Pour l’un et l’autre, il s’agit d’envisager le plaisir que vous prenez à contrôler votre douleur intra psychique à l’aide de la nourriture ou de l’absence de nourriture.
 
ANOREXIE
 
L'anorexie, ou le comportement anorexique, est une privation de nourriture. C'est un contrôle de votre poids. Comme plus de 2 % des femmes en France, vous utilisez ce comportement dans une inter action à double effet.
 
Le premier sur vous même, le second sur votre environnement. Ce comportement traduit un désir de contrôle interne et externe de nature morbide. En effet, les risques de santé sont souvent très graves, voire mortels.
 
L’interaction vécue entre vous et les autres est bien évidemment différente d’une personne à l’autre. En tant que personne anorexique, vous avez une considération de votre corps qui,
au sens des autres, n’est pas la réalité. Par exemple, le plus souvent, vous vous voyez "grosse" alors que vous pesez
un poids anormalement bas suivant des critères médicaux.
 
S’instaure alors une lutte acharnée afin de contrôler le poids, contrôle renforcé par les injonctions familiale ou de vos proches qui vous invitent de façon répétée à vous alimenter d'une façon "normale". Cela devient un enjeu - en "je" -.
 
La question de la nourriture devient donc un enjeu de pouvoir entre vous et vous, et vos proches. D'ailleurs, ces relations
ne sont elles pas le plus souvent... conflictuelles?
 
Tous les moyens de contrôle du poids, de la silhouette et de
la relation environnementale sont bons. C'est à dire qu’afin
de conserver le pouvoir, vous mettrez des heures à vous alimenter, vous partagerez la nourriture qui vous est imposée, obligerez certaines personnes de votre entourage à être présente - ce qui constituera un préalable à l’alimentation -
etc. Souvent, utiliserez la régurgitation (vomissement) - comme beaucoup de boulimiques - afin de mieux contrôler votre poids.
 
La peur infligée aux autres en ne vous alimentant pas de façon "normale (au sens des autres) est-elle un moyen de contrôle de votre environnement?
 
Ce "je" morbide est-il une façon de conserver le contrôle jusqu’à l’extrême limite? Que voulez vous dire que les autres n’entendent pas? Ce comportement repose t’il sur un acte de résistance? Votre comportement anorexique constitue t'il une façon d'expier? Auquel cas, quelle serait la faute commise?
 
A un moment de votre parcours d'anorexique, s’opère un basculement dans la relation plaisir - souffrance. C'est-à-dire que, comme dans un processus d’addiction, vous satisfaites à deux phénomènes:
 
1 - L’adéquation positive
2 - Un comportement de dépendance à l’égard
de votre stratégie de contrôle
 
1 - L’adéquation positive existe quand une personne commence à résoudre ce qu’ elle perçoit comme un problème par une solution dont elle finira par perdre la maîtrise tout en y associant le déni, c'est à dire le refus de la reconnaître la réalité du problème.
 
P/C = S (P = problème/C= Comportement) = S (solution)
 
Ce qui suit n'est qu'un exemple. Il n'y a pas nécessairement autant de "variations" du contrôle qu'il y a de personnes. Cependant, il y a autant d'inter actions différentes qu'il y a
de personnes.
 
Imagions que le problème repose sur un excès de poids. La personne, de façon progressive, se met à contrôler son alimentation jusqu’à atteindre la silhouette qui lui convient.
 
Au regard d’un plaisir "orgasmique" lié à ce contrôle, et
au plaisir initial lié à ce même contrôle, la personne reproduira donc ce contrôle alimentaire pour retrouver sa jouissance initiale, voire s'assurer du contrôle d'une non reprise de poids, et ce jusqu’à en perdre le contrôle ce qui deviendra inacceptable tout en devenant incontrôlable. Ce qui engendre la phase 2.
 
2 - Cette phase repose sur trois dimensions:
 
2.1 - Obsession
2.2 - Compulsion
2.3 - Perte de maîtrise
 
2.1 - La personne ne pense qu’à cela, à l'exclusion de tout autre sujet.
2.2 - La personne tente de contrôler sa pulsion liée à son obsession jusqu’au passage à l’acte - ne pas s’alimenter -.
2.3 - Perte de maîtrise liée à la compulsion (conséquences physiologiques, psychiques, sociales, affectives, etc.). Il y
aura donc un besoin irrépressible de tenter de valoriser
votre comportement en restant sourd aux injonctions de
votre environnement.
 
La raison n’est pas d’une grande utilité dans le soin à apporter à cette maladie comme au patient. Ce trouble du comportement alimentaire - TCA - repose le plus souvent sur des inter actions d’une grande complexité. Le contexte et l'environnement ont une part trés active dans le processus de contrôle de l'alimentation par l'anorexique.
 
Soigner l’anorexie, et se guérir de l’anorexie n’est pas impossible mais très difficile. N'oublions pas qu'en votre qualité
de personne confrontée à des troubles anorexiques, vous ressentez du plaisr à contrôler votre alimentation comme
à conserver le pouvoir sur elle comme sur votre environnement. En termes de soin, la question repose sur "quoi vous offrir comme plaisir substitutif"? Quoi vous offrir comme comportement alternatif positif? C'est tout l'art de la thérapie comportementale.
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